YOGA

                                  « yogah citta vrtti nirodhah»   Patanjali yoga sûtra, I, 2.
                                     « le yoga est l’arrêt des fluctuations de la conscience. »

                                 « tadâ drashtuh svarûpe avasthânam»    Patanjali yoga sûtra, I, 3.
                                  «alors l’observateur est établi dans sa nature originelle (non identifiée).

 

LA PLACE DU HATHA YOGA AU SEIN DES DIFFERENTS YOGA
POUR QUI?
LES COMPOSANTES DE LA PRATIQUE LES EFFETS DE LA PRATIQUE LES TEXTES FONDATEURS

LA PLACE DU HATHA YOGA AU SEIN DES DIFFERENTS YOGA

Le yoga est à la fois unique et multiple. Unique car il utilise toujours le corps comme instrument. Multiple car ses voies d’expression sont adaptables à la diversité des êtres humains. Il y a donc différents yoga : hatha, râja, karma, jñâna, bhakti, tantra, mantra, nidra etc , qui sont intégrés dans le yoga.

Le yoga le plus connu et le plus pratiqué en occident est le hatha yoga.
Le premier verset de la hathapradîpikâ le qualifie de « science glorieuse qui resplendit comme une échelle pour qui désire atteindre les cimes du râja yoga. »
Le râja yoga - qui est la perfection en yoga – est présenté comme le fruit obtenu au moyen du hatha yoga. Ce dernier étant la méthode la plus efficace pour atteindre l’état de libération.
« La multiplicité d’opinions divergentes proposant différentes voies d’approche du râja yoga ne fait que plonger les aspirants dans la confusion et l’obscurité. A cette obscurité, seul le hatha yoga peut les arracher, étant le seul moyen efficace d’obtenir la maîtrise en râja yoga. » ( hatha yoga prâdipika, p.83, extrait du commentaire de Brahmânanda, traduit par Tara Michael, Édition Fayard)

Le hatha est un yoga complet, une démarche de vérité par rapport à soi : accepter de se voir tel que l’on est, agir en se donnant les moyens de vivre en harmonie avec le monde, sans se couper de ses racines et en respectant ses aspirations spirituelles profondes.
La spiritualité est universelle, l’homme se posera toujours les mêmes questions sur son être individuel, son implication sociale, le sens de sa vie.
Le hatha yoga donne des moyens de résoudre ces questions. Athées ou croyants trouveront des réponses. « Le hatha yoga concerne tout autant ceux qui sont encore en proie à la souffrance que ceux qui sont déjà engagés dans une voie de yoga. Négativement il a la caractéristique de détruire toute douleur, et positivement, celle de permettre le succès dans n’importe quelle branche du yoga. »
(cit. idem Tara Michael)
« Il n’y a rien de tel que le yoga pour l’apaisement de l’esprit et la libération [de l’enchaînement] des actes. »
(cit. idem Tara Michael).

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POUR QUI ?

L’enseignement est conçu pour s’adapter et répondre aux besoins spécifiques de chacun, quel que soit son âge, son mode de vie, la saison, ses capacités et son état de santé.

La pratique du yoga permet de répondre aux besoins de l’homme moderne : être maître de ses sens et de ses émotions, gérer son stress, prendre du recul par rapport à ses soucis, améliorer sa concentration, accroître son dynamisme, sa joie de vivre.
Maintenir une hygiène de vie, une alimentation équilibrée qui corresponde à son âge, à son corps, vivre à son rythme grâce au yoga.

La pratique du hatha yoga est recommandée aux femmes enceintes pour leur permettre de vivre une grossesse épanouie, d’être bien préparée à l’accouchement, d’absorber la fatigue durant la période du retour de couches tout en améliorant aussi la sécrétion et la qualité de la lactation pour nourrir le nouveau-né.
Le hatha yoga est enseigné aux enfants, dans certaines écoles. C’est pour eux l’occasion de découvrir une activité sans compétition.

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LES COMPOSANTES DE LA PRATIQUE

âsana

« Âsana, (la posture assise) forme le premier élément du hatha yoga. Elle a pour résultat la fermeté de la posture, la disparition de toute maladie et la légèreté physique. » hathapradîpikâ,, I, 17a
Il existe une multitude de postures selon la tradition indienne. Certaines sont décrites dans les traités de hatha yoga ;
Gheranda Samhitâ, II, 1: "84 centaines de mille" (lakhs);
Goraksha Shatakam, 6: "D'entre leurs 84 centaines de milliers...";
Shiva Samhitâ, III, 84: "Quatre vingt quatre postures différentes.
Ces chiffres symboliques signifient une multitude et désignent aussi des mises en forme d’états de conscience, c’est là leur clé.
Elles portent un nom symbolique (tortue, sauterelle, cobra, arc, paon et…). Elles sont efficaces pour équilibrer l’ensemble des membres et des fonctions organiques, et, pour maîtriser l’agitation mentale, l’inertie, la paresse. La plus connue étant la pose dite du Lotus ou padmâsana, l’assise jambes croisées.
Âsana libère la respiration qui l’anime et prépare à prânâyâma.

prânâyâma

La respiration est la clé de voûte du hatha yoga.
Diriger l’attention sur la respiration a pour effet de ralentir naturellement son rythme. L’agitation ou la confusion du mental (les pensées qui se succèdent à une cadence effrénée) cesse pour faire place à un état de sérénité. Quand le mental et la respiration sont en union, les mouvements du souffle sont maîtrisés, contrôlés.
Il existe plusieurs sortes de prânâyâma. nadi shodhana, sûrya bhedana, ujjayi, sitali, bhastrika…Ceux-ci sont décrits dans les textes tels que hatha yoga pradîpika, Gheranda samhitâ, Goraksha satakam

« Le prânâyâma est la principale de toutes les méthodes de yoga. S’il est parfaitement accompli, la perfection (en pratyâhâra, c’est-à-dire le retrait des sens de leurs objets correspondants ) découle d’elle-même. Le développement du prânâyâma confère tous les autres anga (stades ou états de conscience) du yoga ( dhârana ou concentration, dhyâna ou contemplation, samâdhi ou parfaite union). »

mudrâ

Celui qui est parvenu à maîtriser le mouvement respiratoire a du même coup la capacité d’arrêter les modifications et les mouvements de l’esprit. Pour entretenir cette maîtrise, le yogin doit s’entraîner également à pratiquer les mudrâ du hatha yoga, des positions spécifiques qui « scellent » le souffle à l’intérieur du corps, imposent une limite à la dispersion de perception et mettent fin aux afflictions physiques, mentales et spirituelles. « Ces mudrâ confèrent aux yogin la réalisation » (Gheranda samhitâ III,3) mahâ mudrâ, mahâbandha, mahâvedha, viparîta karanî, associées à des bandha, ou ligatures, vajrolî, khecarî, tâdâgî, bhujanginî etc… sont énoncées dans les traités. Quant à la manière de les pratiquer elle est particulière à chaque Ecole car ces mudrâ sont enseignées traditionnellement de maître à élève dès que l’enseignant juge l’élève apte à en apprécier la valeur.

La pratique des âsana, prânâyâma et mûdra du hatha yoga n’est pas anodine et ne peut être apprise par les livres. Il faut être guidé par un enseignant pratiquant expérimenté qui en connaisse parfaitement tous les effets et contre-indications.

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LES EFFETS DE LA PRATIQUE

Si certains courants considèrent que la relaxation est un des piliers majeurs du Yoga ( yoga nidra…) elle n’est cependant pas à considérer comme un moyen technique proprement dit de la tradition indienne. Elle devrait plutôt être considérée comme un effet résultant de la pratique lorsque celle-ci est correctement accomplie. La relaxation est une technique qui a été créée en occident pour remédier au stress de la civilisation de consommation. La tradition indienne du yoga accorde une place importante au repos et à la détente corporelle et mentale. La position de repos « shavâsana » est décrite précisément dans le traité hathapradîpika I,32 : elle dissipe la fatigue et apporte à l’esprit la tranquillité. Elle permet aussi d’absorber les tensions provoquées par la pratique des âsana, et de ce fait, la pensée est également mise au repos. Une telle stabilisation du corps et de la pensée augmente la présence à soi-même, la vigilance, améliore l’attention, la disponibilité et la compassion envers soi et ses semblables.

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LES TEXTES FONDATEURS

La pratique du hatha yoga s’appuie sur une expérience millénaire mais elle se révèle très actuelle et concerne l’Homme contemporain.
Le traité ancien le plus complet sur le yoga et les états mentaux est le « yogasûtra » de Patañjali. Il a été commenté par de nombreux érudits indiens comme Vyâsa, Bhoja, Vacaspati Misra….
Le hatha yoga est transmis dans les traités tels que hatha yoga pradîpikâ, Gheranda samhitâ, Siva samhtâ, Goraksa sataka, Siddha siddhanta paddhati, Goraksha paddhati
La Bhagavad gîtâ, les Upanishad, les Samkhya karikâ, le Ramayana permettent quant à eux d’aborder l’aspect philosophique du yoga.

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